Projets en cours

Mélanie Millette (cochercheure), Département de communication sociale et publique
Chercheure principale : Marie-Aude Boislard-Pépin, Département sexologie (UQAM)
Pourquoi les adultes émergents inexpérimentés sexuellement sont-ils stigmatisés?
CRSH. Développement Savoir, 2018-2021

Ce projet étudie les perceptions sociales et les stigmates touchant les jeunes adultes inexpérimentés sexuellement, à travers les représentations médiatiques des personnages contemporains des séries télévisées et des films, ainsi que dans les médias sociaux où des membres de l’entourage de ces jeunes adultes s’exprime. La question principale de recherche est : Pourquoi les adultes émergents inexpérimentés sexuellement sont-ils stigmatisés? Stéfany Boisvert est également cochercheuse et Julie Lavigne, collaboratrice.


Véronique Leduc, Département de communication sociale et publique
Pratiques des artistes sourd-es et handicapé-es
Avec Mouloud Boukala (École des médias), Aimee Louw (Concordia), Laurence Parent (Concordia), Cynthia Benoit (Carleton University) et Darren (Daz) Saunders (UQAM)
Conseil des arts du Canada, 2018

Menée par une équipe de chercheur-es et d’artistes handicapé-es, sourd-es et allié-es issu-es de quatre universités canadiennes, cette recherche vise à dresser un portrait des pratiques des artistes sourd-es et handicapé-es au Canada. Elle contribuera à favoriser : une meilleure compréhension des enjeux entourant les arts sourds et handicapés; des collaborations entre les secteurs des arts sourds et handicapés et ceux des arts en général; et des pratiques qui permettent la reconnaissance, le soutien et la promotion des pratiques artistiques sourdes et handicapées. Quatre-vingts participant-es recrutés dans huit villes canadiennes ont participé à la recherche.


Stéphanie Yates (cochercheure), Département de communication sociale et publique
Chercheure principale : Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-Rivières
Usage des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale
CRSH. Savoir, 2018-2022

Au cours des 15 dernières années, les médias socionumériques sont venus redéfinir les répertoires d’action politiques. Les acteurs politiques formels, les entreprises, les groupes d’intérêts et les citoyens se tournent maintenant vers les plateformes numériques afin de s’informer, de diffuser des messages, de mobiliser et de protester dans l’espace public. Ces nouvelles formes d’engagement politique facilitées par l’Internet semblent particulièrement propices lors de débat touchant des enjeux d’acceptabilité sociale, notion devenue incontournable lorsqu’il est question du développement de projets qui soulèvent des enjeux économiques, sociaux ou environnementaux. Au Québec, certains projets, ports méthaniers, pipelines ou hausse des frais de scolarité, par exemple, ont notamment donné lieu à de vifs affrontements politiques et sociaux. Or nous en savons très peu sur l’enchevêtrement de ces nouvelles formes d’engagement politique et numérique lorsque l’acceptabilité sociale de projets est en jeu. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est de comprendre les usages des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale.


Florence Millerand, Département de communication sociale et publique
La mise en données de la société : enjeux sociopolitiques de la production et de l’usage de données publiques et privées
Avec Guillaume Latzko-Toth (Université Laval), Mélanie Millette et Alexandre Coutant (Département de communication sociale et publique)
CRSH. Savoir, 2018-2021

L’essor du numérique a favorisé la multiplication des données en circulation dans la société. Ces données sont générées autant par les administrations publiques que les entreprises, les individus et les outils techniques, au point où nous faisons face à un phénomène de « mise en données » (datafication) de la société. D’un côté, les projets de publication de données, publiques en particulier, se multiplient (ex. : gouvernement ouvert); de l’autre, la nature des usages qui en sont faits reste peu connue et peu documentée. Ce projet a pour objectif : 1) d’examiner comment des « publics de données » sont « imaginés » par les promoteurs des initiatives de publication de données et, à travers eux, comment des problèmes (sociaux, politiques ou autres) sont formulés et traduits dans des stratégies d’ouverture, de publication et d’utilisation de données; et 2) d’analyser comment ces problèmes se trouvent reformulés, ignorés ou contestés par des individus et des groupes sociaux. Plus généralement, le projet étudiera la façon dont des jeux de données publiques et privées incorporent de nouvelles représentations de l’activité sociale, afin d’en cerner les enjeux sur les plans sociaux et politiques.


Katharina Niemeyer, École des médias
Expériences et usages du passé dans les communautés en ligne : (n)ostalgie de l’ancienne République démocratique allemande
FRQSC. Soutien à la relève professorale, 2018-2021

L’ostalgie désigne la nostalgie de l’est : un regret doux-amer de l’ancienne République démocratique allemande, de sa politique, de ses produits culturels et industriels. L’objectif principal de ce projet est d’identifier et de comprendre les expériences et les usages du passé dans les communautés en ligne qui se revendiquent ostalgiques. Quatre autres objectifs sont au cœur de la recherche : identifier les types de discours (témoignage, souvenirs ou références historiographiques) et les types de contenus qui circulent dans ces communautés (photos, sons, vidéos, textes); explorer les négociations entre différentes formes de mémoire (personnelle, culturelle et officielle); identifier les nostalgies en jeu, celle d’une revendication de revivre et de restaurer la RDA et/ou celle d’une nostalgie personnelle orientée vers la jeunesse ou le temps passé; et observer si les commémorations officielles du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin (9 novembre 2019) deviennent objet de partage ou de discussion politique dans les communautés en ligne analysées.


Katharina Niemeyer, École des médias
Une recherche exploratoire sur la médiatisation du « terrorisme » dans les médias d’information canadiens francophones et anglophones (1900-2000)
CRSH. Développement Savoir, 2018-2020

L’objectif principal de ce projet est de comprendre de quelles façons les médias d’information canadiens, la presse et la télévision francophones et anglophones, ont utilisé et défini la notion de terrorisme avant le début du XXIe siècle. Il s’agit d’apporter une réflexion approfondie sur comment le « terrorisme » a été traité et défini historiquement par les médias d’information canadiens et, en l’occurrence, de saisir les enjeux politiques, historiques et juridiques qui influent sur et se révèlent par la médiatisation. À partir d’une recherche extensive dans les archives médiatiques francophones et anglophones (Radio Canada/CBC, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Bibliothèque et archives Canada, Toronto Public Library), cette recherche vise les deux objectifs principaux suivants : 1) dresser un panorama de la couverture médiatique du « terrorisme » et 2) analyser la médiatisation et donc saisir, dans une perspective historique, l’évolution des définitions du « terrorisme » et de ses mises en scènes médiatiques.

Collaborateurs et collaboratrices : Omar Al-Ghazzi (London School of Economics and Political Science), Pierre Anctil (Université d’Ottawa), Isabelle Garcin-Marrou (Université de Lyon) et Guillaume Lavallée (École des médias).


Oumar Kane, Département de communication sociale et publique
Avec Ahmed Al-Rawi (Concordia) et Aimé-Jules Bizimana (Université du Québec en Outaouais)
Imaginaires bibliques, médias numériques et changements climatiques. Une topographie mixte du hashtag #climatechange sur Twitter
CRSH. Développement Savoir, 2018-2020

Au sein du domaine que constitue la « communication environnementale », à la fois un champ d’investigations scientifiques et un univers de pratiques (professionnelles et amateurs), l’enjeu le plus important, à ce jour, est celui des changements climatiques. Un sous-champ s’est progressivement développé : la « communication sur les changements climatiques ». Les controverses qui l’animent sont tant de nature scientifique que sociale et ses espaces d’occurrence sont à la fois les lieux physiques d’interaction sociale et les médias traditionnels dits « de masse ». Comme les médias numériques y acquièrent une place de plus en plus importante, les interactions sur la question des changements climatiques tendent à se déplacer vers les réseaux numériques. L’originalité de la recherche proposée réside d’une part dans sa dimension méthodologique innovante qui, à partir d’une démarche inductive circonscrite aux données, cherche à proposer une théorisation plus fidèle au terrain. Elle tient aussi, d’autre part, à la mobilisation d’un cadrage théorique qui se distancie d’une épistémologie positiviste encore dominante dans la recherche sur les changements climatiques, en raison du poids prégnant de la rationalité scientifique. Ainsi, à travers un processus de vulgarisation, tant les professionnels de lacommunication travaillant dans le domaine, les autres collègues des sciences sociales que le public élargi pourront s’approprier les résultats de recherche.


Mouloud Boukala, École des médias
Les perceptions et les pratiques de l’environnement par les personnes à mobilité réduite dans la ville de Montréal
CRSH. Développement Savoir, 2018-2020

Cette recherche porte sur les perceptions et les pratiques de l’environnement par les personnes à mobilité réduite dans la ville de Montréal. Elle vise à contribuer à une meilleure connaissance des modalités du déplacement en ville des personnes à mobilité réduite (fauteuil roulant manuel ou motorisé, triporteur ou quadriporteur) en ayant recours à un oculomètre. L’appareil est semblable à une paire de lunettes, équipée d’une caméra qui filme, à la première personne (vue subjective), le champ de vision de l’individu qui le porte, et de capteurs de mouvement des pupilles. L’ambition de cette recherche est de : 1) analyser les rapports entre usagers à mobilité réduite et environnement à partir de nouvelles méthodologies; 2) comprendre comment ces personnes, selon leurs caractéristiques personnelles, combinent les ressources informationnelles, physiques, humaines et techniques afin de se déplacer dans Montréal et mettre en relief les contraintes et les potentialités perceptives et physiques qu’offrent certains environnements urbains; 3) contribuer au développement des améliorations d’accessibilité (aménagements individuels et collectifs) pour les personnes à mobilité́ réduite. Les résultats de cette recherche permettront d’établir des relations entre la qualité d’accès des composantes de l’environnement physique et la réalisation des habitudes de vie des participants.


Gabrielle Trépanier-Jobin, École des médias
L’immersion fictionnelle dans les jeux vidéo
FRQSC. Soutien à la relève professorale, 2018-2021

L’immersion du joueur est l’un des effets les plus recherchés par les producteurs de jeux vidéo, qui ont tendance à attribuer le phénomène à l’utilisation de technologies complexes et sophistiquées plutôt qu’à une riche trame narrative. Or les jeux commerciaux à la trame narrative et aux personnages développés sont de plus en plus nombreux sur le marché. Il semble donc nécessaire de s’interroger sur le présupposé selon lequel un appareillage technologique sophistiqué, une vision stéréoscopique et des graphiques photoréalistes sont les seules variables qui contribuent à l’immersion du joueur. C’est ce que nous comptons faire dans notre étude, en cherchant à comprendre comment d’autres facteurs internes et externes aux jeux interagissent de manière complexe pour susciter l’immersion fictionnelle du joueur. Pour y parvenir, nous tenterons de cerner le rôle de la diégèse, du récit, des personnages, du contexte de jeu et de la subjectivité du joueur dans le développement du sentiment qu’a ce dernier d’être présent dans le monde fictionnel. Nous chercherons également à comprendre comment ces composantes narratives interagissent avec d’autres dimensions d’un jeu pouvant être mises au service de l’immersion fictionnelle (règles, spatialité, contrôles, etc.). Au terme de notre recherche, nous espérons développer une théorie holistique sur l’immersion fictionnelle qui nous en apprendra davantage sur les moyens de créer un équilibre entre les multiples variables d’un jeu pour encourager l’engagement narratif, l’identification au personnage-joueur et, de manière ultime, l’immersion fictionnelle.


Marie-Emmanuelle Laquerre, Département de communication sociale et publique
Trajectoires du vieillissement et personnes âgées immigrantes au Québec
FRQSC. Soutien à la relève professorale, 2018-2021

Ce projet aborde les expériences sociales du vieillissement chez les personnes âgées immigrantes vivant au Québec. S’inscrivant dans une approche axée sur le vécu expérientiel des aînés, sur leurs trajectoires sociales et sur leurs représentations de la vieillesse, ce projet souhaite relever la diversité́ des trajectoires du vieillissement (parcours, enjeux rencontrés, pratiques de la vie quotidienne, stratégies adaptatives) chez des sujets présentant des profils variés (hommes/femmes, appartenance générationnelle, migrant ancien/migrant récent, différence de statut, origines ethnoculturelles, etc.). La question du vieillissement des aînés migrants est un thème de recherche à développer en raison du faible degré de connaissances relatif à l’hétérogénéité des profils et des trajectoires, lesquels auront des effets sur leur bien vieillir, sur leur niveau d’intégration à la société́ d’accueil et sur leur mode d’utilisation des ressources et des services.


Christian Agbobli, Département de communication sociale et publique
Une collaboration avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV)
Évaluation d’une campagne de sensibilisation à la radicalisation et enjeux de communication : le cas de la campagne « Et si j’avais tort? J’en parle, j’apprends! »
CRSH. Engagement partenarial, 2018-2019

Ce partenariat vise à accompagner le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) dans le processus d’évaluation de leur campagne « Et si j’avais tort? J’en parle, j’apprends! », lancée en septembre 2017 en collaboration avec la Commission canadienne pour l’UNESCO. Cette campagne de sensibilisation vise à promouvoir des aptitudes favorisant le processus de résilience et le développement d’un esprit critique comme facteurs de protection face aux discours radicalisants et extrémistes menant à la violence. L’objectif du partenariat est de procéder au suivi de la campagne en cours et à l’évaluation de celle-ci afin d’approfondir nos connaissances relatives aux méthodes de sensibilisation et de prévention de la radicalisation menant à la violence.


Christian Agbobli, Département de communication sociale et publique
Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement
Collaboration avec le Centre d’études et de recherches en communication (CERCOM) de l’université Felix Houphouet Boigny d’Abidjan

Dans le cadre d’un appel à projet de coopération bilatérale Québec-Côte d’Ivoire lancé par le Ministère des relations internationales et de la francophonie du Québec, la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement a obtenu un financement portant sur le « Renforcement des capacités dans l’usage des MOOC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire ». Ce projet vise à stimuler les échanges et à favoriser l’établissement d’un partenariat durable entre la Chaire UNESCO en communication et en technologie pour le développement de l’UQAM et le Centre d’études et de recherche en communication de l’Université Félix Houphouët-Boigny.


Consuelo Vásquez, Département de communication sociale et publique
Avec Frédérik Matte (UOttawa) et Nicolas Bencherki (Téluq), en collaboration avec Kirstie McAllum (UdeM), Viviane Sergi (ESG-UQAM) et Matthew Koschmann (University of Colorado at Boulder)
Non-profit marketization and the transformation of volunteering practices/La mise en marché du secteur à but non lucratif et les transformations du bénévolat
CRSH. Savoir, 2017-2022

L’objectif de cette recherche est de comprendre les transformations que subissent les pratiques de bénévolat dans le contexte de mise en marché du secteur « à but non lucratif ». De nos jours, à l’instar de l’entreprise privée, ce secteur se doit de fonctionner dans une économie libérale mondialisée tout en soutenant une mission sociale et des valeurs comme la solidarité, la redistribution des ressources, l’équité et la justice. Jusqu’à présent, l’attention autour de cette mise en tension entre l’accomplissement d’une activité sociale et des impératifs financiers, afin que ces organismes puissent survivre, a été orientée vers sa résolution. Pourtant, tenter de résoudre les problèmes liés à cette tension pourrait compromettre la raison d’être des organismes à but non lucratif, notamment en affectant leur mission, leur fonctionnement, notamment quant à l’apport bénévole, ou leur capacité à être financièrement solvable. À partir d’une ethnographie multisites, cette recherche se propose de développer des explications qui permettront de mieux comprendre ce que signifie « être à but non lucratif » dans une économie de marché, afin de rendre cette tension productrice pour ces organisations.

Pour en savoir plus, consultez le site web du projet : https://volunteeringonthemove.uqam.ca/fr/accueil/


Consuelo Vásquez, Département de communication sociale et publique
Putting the field of Latin American Organizational Communication on the map
Cochercheures : Lisssette Marroquin Velasquez (Universidad de Costa Rica) et Griselda Guillen Ojeda (Universidad de Baja California- Mexicali)

Considering the lack of a systematic and contextual revision of the academic knowledge in organizational communication developed in Latin America (LA), and yet a consistent and increased development of the field of organizational communication in this region of the world, the research project aims to present a portrait of this field from a Southern point of view. Following recent attempts to decolonize communication studies, this research project proposes to develop criteria, tools and heuristics model for data collection and analysis of the field of LA organizational communication that are grounded in the historical, economical and social contexts of this part of the world. Most of the approaches, tools and models in organizational communication have been developed and legitimized in the global North, and more specifically in the United States, imposing a western view of knowledge and knowledge creation that does not take into account the diversity of academic labour contexts, meanings of knowledge and organizational (social) contexts. Moreover, there is a strong critical LA tradition of communication studies that has historically resisted Northen imperialism. The research project aims to continue this line of inquiry by questioning the characteristic of this LA tradition and if its application to the field of organizational communication. In collaboration with colleagues from Colombia, Costa Rica and Mexico, we have started to collect information on this subject. A first exploratory study consisting of the bibliometric analysis of peer-review Latin American journals that publish work in organizational communication during 2010–2014 was conducted. The research project will extend the scope of this first study regarding the period of time (2002–2018) and the corpus of study (peer-review articles, books, book chapters, and conference papers). Moreover, and as mentioned, it will provide a research heuristic and toolbox to conduct research in organizational communication grounded in LA realities.

Publications liées :

Vásquez, C., Marroquín, L. et Angel, A. (2018). In Search of a Latin American Approach to Organizational Communication: A Critical Review of Scholarship (2010-2014), Communication Theory, 28(2), 155-179.

Angel, A., Marroquin, L, & Vásquez, C. (2017). El campo de la comunicación organizacional en América Latina: una revisión crítica de su producción intelectual académica [The Latin American field of organizational communication: a critical review of its academic production]. Organicom, 14(26), 273-289.


Diane Poitras, École des médias
L’intimité à l’ère du Big Data
FQRSC. Appui à la recherche-création (volet équipe), 2017-2020

Ce projet a pour objectif la production d’un un long-métrage, réunissant une une série de courts-métrages, sous la forme d’un essai documentaire portant sur la place et le sens de l’intimité à l’ère des dynamiques sociales d’autoexpression (médias socionumériques) et de la collecte de données massives (Big Data). Grâce à une démarche interdisciplinaire unissant la recherche-création et la recherche en sciences sociales, nous entendons mettre en rapport le circuit de production, de circulation, de captation, de traitement et de modélisation des données personnelles (surveillance et Big Data), ainsi que ses conséquences et ses enjeux sur le plan du rapport à soi (intimité). Cette recherche, à partir du langage cinématographique, comporte deux principales intentions : 1) permettre à la recherche de trouver dans le cinéma de nouvelles formes d’exploration de la subjectivité qui ne sont pas accessibles par les méthodes traditionnelles; et 2) proposer une expérience incarnée de la subjectivité, où celle du public sera interpellée de façon à contribuer à la mouvance documentaire de création, qui tend à se faire oublier considérant la place prépondérante qu’occupe le documentaire journalistique.


Caterine Bourassa-Dansereau, Département de communication sociale et publique
Sexualité et stratégies de négociation identitaire chez les jeunes montréalais de deuxième génération d’immigration : appartenances sociales, religion et technologies numériques
FRQSC. Soutien à la recherche pour la relève professorale, 2017-2020

Ce projet porte sur les liens entre l’expérience sexuelle des jeunes issus des deuxièmes générations d’immigration et les processus identitaires qui y sont associés. L’objectif principal est d’identifier comment ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, négocient leurs différentes appartenances sociales dans le cadre de leurs relations sexuelles et d’examiner les incidences de cette négociation sur leur identité. Trois objectifs spécifiques sont poursuivis : 1) identifier les pratiques et les représentations sexuelles de ces jeunes et explorer les articulations avec leurs appartenances sociales; 2) étudier l’importance de l’appartenance religieuse lors d’expériences sexuelles; et 3) dresser le portrait des usages que font les jeunes des technologies numériques dans le cadre de leurs relations sexuelles.”


Mélanie Millette, Département de communication sociale et publique
Visibilité et invisibilité dans les médias sociaux : contre-publics en ligne les personnes LBGTQ+
FRQSC. Soutien à la recherche pour la relève professorale, 2017-2020

À l’intersection de l’étude des médias, de la visibilité et de l’espace public, cette recherche interroge les possibilités d’un gain en capacité d’agir pour les personnes LGBTQ+ par l’intermédiaire de regroupements politiques appelés « contre-publics ». Les contre-publics se développent en deux temps en marge de l’espace public dominant : d’abord le repli sur soi, afin de nommer ses enjeux, et ensuite la recherche de visibilité, pour porter des revendications dans l’espace public. Les médias sociaux permettent à la fois la visibilité et l’invisibilité, selon le paramétrage des plateformes et les stratégies des usagers. Mobilisant un cadre théorique combinant la sociologie des usages des technologies, les théories de l’espace public et des contre-publics, les travaux récents sur la visibilité ainsi que sur les identités LGBTQ+, cette recherche répond à la question suivante : comment la visibilité et l’invisibilité résultant de l’usage des médias sociaux des personnes LGBTQ+ participent-elles de leur rapport à l’espace public, notamment par la constitution de contre-publics?


Éric George, École des médias
Avec Michel Sénécal (Téluq), Anouk Bélanger (DCSP) et Arnaud Anciaux (ULaval)
Les nouveaux services d’intermédiation numérique et les transformations du secteur audiovisuel au Canada et au Québec
CRSH. Savoir, 2017-2021

Dans un contexte marqué par la numérisation généralisée des processus de création, de production, de distribution et de réception des produits audiovisuels, par la libéralisation des législations et des règlementations, par la financiarisation et la globalisation des économies et par l’essor de nouvelles pratiques culturelles, les industries canadiennes et québécoises du cinéma et de la télévision sont confrontées à l’apparition de nouveaux services d’intermédiation. Souvent mises en place par des industries de la communication, ces plateformes numériques, à l’instar de Netflix, proposent des formes inédites d’intermédiation qui s’ajoutent à celles des diffuseurs et des distributeurs « traditionnels ». Ces nouveaux services comptent souvent sur des capacités financières bien supérieures à celles des industries culturelles locales pour obtenir l’exclusivité des droits de diffusion sur les œuvres. Ils n’ont pas ou peu de charges fiscales à payer ni de cadre règlementaire spécifique à suivre. Dans ce contexte, notre projet vise à : 1) comprendre les places et les rôles assurés par les nouveaux services d’intermédiation dans le secteur de l’audiovisuel; 2) à identifier d’éventuelles analogies entre les transformations potentielles actuelles et celles survenues antérieurement afin d’évaluer dans quelle mesure la situation présente est inédite ou correspond à des défis plus anciens; et 3) à éprouver la pertinence scientifique des notions de filière et de modèle dans l’analyse des transformations du secteur et à attester l’apport de la perspective du « temps long » dans celle-ci.


Johanne Saint-Charles, Département de communication sociale et publique
Avec les cochercheurs Pierre Mongeau (DCSP) et Carlo Morselli (UdeM) et la collaboration de Nikita Basov (DCSP, Saint Petersburg State University), Maude Bonenfant (DCSP), Jean-François Chartier (UdeM), Guy Melançon (Bordeaux 1), Frédéric Mertens (Universidad de Brasília), Jean-Guy Meunier (LANCI), Élia Rizkallah (Département de sociologie) et François P. Robert (chercheur, DCSP)
Relations sociales, similarité de discours et diffusion
CRSH. Savoir, 2017-2021

Ce projet de recherche concerne les rapports de détermination entre les liens sociaux et les discours. Plus précisément, il cherche à expliquer les rapports entre, d’une part, les processus de diffusion sociale menant à de la similarité entre les discours des individus et, d’autre part, les processus de formation, de développement et de rupture des liens entre ces individus. La contribution de ce projet est à la fois théorique et méthodologique. Deux principaux modèles théoriques sont en concurrence pour expliquer le partage de discours entre individus et la structuration des liens sociaux : le modèle de l’homophilie, pour lequel la similarité entre les discours conduit au développement de relations sociales, et les théories de la contagion, où la relation sociale conduit au partage de discours par un processus d’influence. En savoir plus


Nathalie Lafranchise, Département de communication sociale et publique
Avec François Courcy (UdeS), Luc Bonneville et Sylvie Grosjean (UOttawa), Kerstin Kuyken (ESG), Maxime Paquet (chercheur, DCSP), Marie-Hélène Poulin (UQAT), Liliane Hamel (ULaval) et Mélanie Lavoie-Tremblay (McGill)
Démarche de recherche-action collaborative visant à approfondir l’optimisation et les impacts des groupes de codéveloppement professionnel, dans une perspective transversale des secteurs
CRSH. Développement de partenariat, 2013-2016, 2017-2020

Ce projet met en lien douze cochercheurs, huit universités et onze partenaires organisationnels. Il vise la production de nouveaux savoirs à propos des groupes de codéveloppement professionnels (GCP). Le GCP est une approche de formation qui mise sur les interactions entre les participants, le partage d’expériences, la réflexion sur l’expérience et les réinvestissements dans l’action pour favoriser l’amélioration des pratiques professionnelles. Les objectifs sont : de documenter diverses applications du GCP (milieux de la santé, entreprenariat, administration, éducation, coopération); de mesurer et de comprendre des impacts individuels et organisationnels des GCP; de dégager des impacts communs et spécifiques aux différents groupes; d’identifier des facteurs d’influencent des impacts; de valider un questionnaire psychométrique servant à évaluer des compétences d’animation et d’accompagnement chez les animateurs-accompagnateurs de GCP; de mieux comprendre le leadership d’accompagnement chez les animateurs-accompagnateurs de GCP; et de comprendre l’apport de communautés de pratique et d’apprentissage en lien avec les GCP.


Martin Lussier, Département de communication sociale et publique
Pratiques quotidiennes des travailleurs culturels institutionnels et associatifs au Québec : pour comprendre le développement partenarial en culture. Le cas des « cellules régionales d’innovation en médiation culturelle »
CRSH. Développement Savoir, 2017-2019

Au cours des 15 dernières années, la médiation culturelle s’est imposée dans le paysage québécois. Elle chapeaute un vaste ensemble de pratiques et est de plus en plus utilisée de manière générique pour rendre compte de gestes visant à construire de nouveaux liens entre les citoyens et la culture. À ce titre, la médiation culturelle occupe une place croissante au sein des actions des administrations publiques et des programmes de développement culturel des territoires. Afin de favoriser le déploiement et l’essor des initiatives en médiation culturelle sur l’ensemble du territoire québécois, des « cellules régionales d’innovation en médiation culturelle » (CRIMC) prennent forme dans différentes régions du Québec depuis 2012. Dans ce contexte, ce projet vise à documenter les logiques propres au travail culturel à l’extérieur des grands centres urbains. Il vise, partant du point de vue des personnes travaillant à créer et orienter ces cellules, à comprendre l’émergence inédite de la médiation culturelle comme prétexte à la mobilisation d’acteurs locaux hétérogènes et à la réorganisation concomitante qui s’opère au sein du champ culturel. Il propose également d’explorer le processus de production de la culture et du culturel au Québec en documentant les propriétés empiriques de la pratique quotidienne des travailleurs culturels (institutionnels et associatifs) régionaux et locaux, tel que les CRIMC l’exemplifient.


Maude Bonenfant, Département de communication sociale et publique
Avec Sébastien Gambs, Mohamed Bouguessa, Marie-Jean Meurs et Mili Hafedh (Département d’informatique)
Big Data et jeux vidéo : usage des données massives pour l’analyse d’une communauté de joueurs en ligne
CRSH. Savoir, 2018-2023

Les jeux vidéo en ligne présentent différents enjeux communicationnels, sociaux, économiques et éthiques. De plus en plus pratiqués, ils génèrent désormais un chiffre d’affaire de plusieurs milliards de dollars, mais l’utilisation de plus en plus généralisée des outils du Big Data pour traquer les comportements des joueurs soulève également des questions d’ordre éthique, entre autres liées à la surveillance de masse. Comment s’articule la volonté de l’industrie vidéoludique d’attirer de plus en plus de joueurs, de les garder actifs le plus longtemps possible et de faire des profits tout au long de la durée active du jeu, entre autres grâce à la traçabilité offerte par les outils du Big Data, avec les enjeux sociaux et éthiques vécus par une communauté de joueurs? Par ailleurs, quels sont les effets des plateformes de jeu sur les comportements des joueurs? Quels sont ces comportements au sein d’un jeu, de la phase de test au déclin du jeu en passant par la phase la plus active? Et comment est-il possible de mieux comprendre la communauté de joueurs en utilisant les données massives tout en respectant leur droit à la vie privée? Sur la base de ces questionnements, l’objectif de cette recherche est d’analyser l’émergence, le déploiement et le déclin d’une communauté de joueurs d’un jeu vidéo.


Anouk Bélanger et Martin Lussier, Département de communication sociale et publique
Nouveaux acteurs, nouveaux métiers de la culture : musique et audiovisuel
CRSH. Développement Savoir, 2017-2019

Depuis près de 30 ans, les divers secteurs de la culture sont confrontés à une recomposition radicale des processus de création, de production, de distribution et de réception des œuvres et des produits culturels. Cette recomposition découle d’une multitude de facteurs qui dessinent un contexte en mutation : les frontières territoriales se sont ouvertes; de nouvelles formes artistiques se développent hors des cadres connus, à la croisée des chemins; les politiques publiques intègrent culture et créativité dans le développement des territoires; et les habitudes de consommation changent, tout comme les règles qui régissent les industries culturelles. Ces changements sont liés à des développements technologiques, mais également économiques et politiques. Ils entraînent l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux métiers et ont des répercussions durablement sur les conditions de pratiques des travailleurs culturels. Il n’existe aucun travail scientifique visant à documenter, au Québec, l’évolution de ce contexte du point de vue des artistes, des créateurs et des travailleurs de la culture. Nous proposons, dans cette recherche, de les mobiliser comme sources de construction du sens, de pleinement reconnaître leur rôle comme instance participative tout en documentant leurs expériences de ces transformations.


Jean-Marie Lafortune, Département de communication sociale et publique
Avec Anik Meunier (Éducation, UQAM) et Jason Luckerhoff (UQTR)
Patrimonialisation et médiation : la transmission culturelle dans les musées de société
CRSH. Savoir, 2016-2019

Ce projet s’intéresse aux dispositifs de patrimonialisation et de médiation des musées de société, catégorie large qui recouvre les institutions telles que les musées d’arts et traditions populaires, d’histoire et d’ethnographie. Il s’agit de caractériser le fonctionnement des opérateurs humains, spatiaux et discursifs utilisés pour consacrer la valeur historique d’objets ou de pratiques et pour communiquer avec les visiteurs, les publics et les partenaires. Dans le cadre de ce projet, ces dispositifs seront évalués dans une démarche formative au sein de trois établissements : le Centre d’histoire de Montréal, le Musée de la civilisation de Québec et le Musée canadien de l’histoire de Gatineau. Quels contenus culturels transmettent-ils? Pour qui et avec qui? Quelles incidences ont les interactions avec les visiteurs, les publics et les partenaires sur la production et la diffusion des discours mobilisant ces objets et ces pratiques? Que nous révèle le fonctionnement des dispositifs concernés sur les contenus, les modalités et la portée d’une transmission culturelle conçue comme un transfert d’informations cumulatives d’une personne, d’une catégorie sociale ou d’une génération à une autre?


Florence Millerand, Département de communication sociale et publique, LabCMO
Usages des médias numériques et mutations sociales
FRQSC. Soutien aux équipes de recherche, 2016-2020

Le Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO) propose une programmation de recherche visant l’étude des usages des médias et des technologies numériques pour comprendre les mutations qu’ils suscitent dans la société. En mobilisant une approche interdisciplinaire de l’étude des usages, la programmation permettra de comprendre la complexité des phénomènes sociotechniques liés aux nouveaux usages du numérique dans nos sociétés contemporaines. Trois foyers majeurs de mutations seront examinés : le vivre-ensemble, par les mutations de la sociabilité et de l’agir politique; le produire-ensemble, par les mutations du travail et de l’activité contributive; et la recherche en sciences humaines et sociales, par les méthodes de recherche sur les usages.


Catherine Gail Montgomery, Département de communication sociale et publique
Équipe MÉTISS. Intervention, migration et diversité : vers une pratique clinique citoyenne dans les interventions sociales et de santé
FRQSC. Soutien aux équipes de recherche, 2016-2020

L’équipe MÉTISS constitue un observatoire privilégié des enjeux d’intervention sociale et de santé en contexte de migration. Forte d’un partenariat de longue date entre les milieux de pratique (CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Ile-de-Montréal et son centre de recherche SHERPA, ainsi que d’autres établissements communautaires et du réseau de la santé) et les milieux universitaires (UQAM, UdeM, ULaval, McGill), l’équipe propose une programmation qui allie la réflexion critique, la recherche et le développement d’outils pour la pratique. Malgré une plus grande ouverture des institutions à la diversité au cours des dernières années, les acquis demeurent néanmoins fragiles, d’autant plus que les transformations importantes dans les champs migratoires (évolution des flux migratoires, politiques et lois) et sociosanitaires (restructuration en cours du réseau de la santé et des services sociaux) font émerger de nouveaux défis et problématiques. Notre programmation pour la période 2016-2020 est fondée sur l’action sociale, le dialogue et les droits en matière de santé et services sociaux en contexte de diversité. Les travaux des chercheurs MÉTISS sont organisés autour de trois axes : 1) renouvellement des perspectives en intervention interculturelle : réflexion autour de problématiques émergentes; 2) plurilinguisme et interprétariat dans les interventions sociales et de santé; 3) dynamiques sociales contemporaines et immigration : insertion socioprofessionnelle, précarisation et santé.


Christine Thoër, Département de communication sociale et publique
Avec Benoit Cordelier, Judith Gaudet, Emmanuelle Laquerre, Lise Renaud et Olivier Turbide (DCSP)
En partenariat avec le CHU Sainte-Justine, la Société canadienne du cancer et Tel-jeunes – Générations
Soutien psychosocial en ligne : modalités et enjeux de l’intervention pour différentes populations
CRSH. Développement de partenariat, 2016-2019

Différents travaux ont montré depuis 15 ans que les espaces d’échange entre pairs sur Internet sont de plus en plus utilisés par des individus vivant diverses problématiques psychosociales ou devant s’adapter à des situations stressantes. Les organismes qui interviennent auprès de ces populations s’interrogent quant au processus pour concevoir, mettre en œuvre, déployer et évaluer des interventions de soutien social en ligne. Ce projet, qui s’appuie sur une méthodologie mixte et privilégie une approche participative, vise à développer des partenariats de recherche avec trois organismes (la Société canadienne du cancer, Tel-jeunes et le CHU Sainte-Justine) qui ont ou souhaitent recourir aux espaces d’échange en ligne pour soutenir des populations vivant différentes problématiques ou expériences de vie pouvant avoir un impact sur leur bien-être psychosocial. Il vise à : 1) mieux comprendre le fonctionnement du soutien social en ligne; 2) cerner les effets (positifs ou négatifs) à court et moyen terme de la participation à ces espaces de soutien social en ligne sur le bien-être psychologique des participants;
 et 3) documenter le processus d’intervention de soutien social.


Yanick Farmer, Département de communication sociale et publique
L’utilisation de la communication et de la psychologie sociale pour favoriser l’appropriation des normes du code d’éthique par les employés d’une organisation.Le cas de la Ville de Montréal
FRQSC. Établissement de nouveaux professeurs-chercheurs, 2015-2018

L’incapacité de certaines organisations à réguler les comportements de leurs employés en matière d’éthique est devenue, ces dernières années, un enjeu central de l’actualité, qui touche autant la perception des parties prenantes (y compris le grand public) à l’égard de l’organisation, que la mise en place de dispositifs favorisant la réalisation de comportements éthiques. Traditionnellement, pour combattre les manquements éthiques récurrents, tels que la corruption, les pots-de-vin, les fraudes et autres délits d’initiés, les organisations ont eu tendance à privilégier une approche « formaliste » de l’éthique fondée sur l’adoption d’un code d’éthique (ou de tout autre document semblable) accompagné parfois d’un système plus ou moins élaboré de punitions et de récompenses. La littérature des quinze dernières années de même que de nombreux exemples tirés de l’actualité démontrent toutefois que ces dispositifs n’offrent aucune garantie quant à leur influence réelle sur les comportements des employés. Pour cette raison, de plus en plus d’experts en appellent à une analyse plus pointue des modes d’appropriation de ces codes d’éthique par les employés auxquels ils s’adressent. En réponse à cet appel, cette recherche propose, à l’aide d’un devis expérimental avec avant, après et groupe témoin (randomisé dans un échantillon d’une quarantaine de gestionnaires de la Ville de Montréal), de tester l’incidence d’un paradigme récent de la psychologie sociale, appelé communication engageante, sur l’appropriation des normes et les comportements éthiques des employés d’une organisation.


Éric George, École des médias
Avec France Aubin (UQTR), Anouk Bélanger (DCSP), Aimé-Jules Bizimana (UQO), Nathalie Casemajor (UQO), Oumar Kane (DCSP), Jason Luckerhoff (UQTR), Michel Sénécal (TÉLUQ) et Gaëtan Tremblay (EDM)
Mutations des industries de la culture et de la communication à l’ère numérique
FRQSC. Soutien aux équipes de recherche, 2015-2019

Cinq ans de recherche sur la gouvernance des systèmes de communication et sur les industries de la culture nous ont conduits à considérer que les régulations socioéconomiques et sociopolitiques dans ce secteur d’activités intègrent dorénavant une certaine décentralisation des lieux de prises de décision et une augmentation du nombre d’acteurs sociaux impliqués. Nous avons également constaté que le numérique était la source de nouveaux défis en la matière, par exemple lorsqu’il s’agit d’aborder les questions du pluralisme de l’information et de la diversité culturelle. Mais alors que ce programme de recherche était centré sur les différents types d’acteurs et leurs stratégies, nous adoptons ici un nouveau regard en travaillant sur les mutations médiatiques et culturelles à partir de la prise en compte des trois moments du « processus médiatique » qui constituent les trois axes de notre programmation : 1) la création/production, 2) la distribution/circulation et 3) la réception/appropriation des produits médiatiques et culturels. Pour en savoir plus


André Mondoux, École des médias
Avec Maude Bonenfant (DCSP), Marc Ménard (EDM) et Maxime Ouellet (EDM)
Médias sociaux et nouveaux modes de gouvernance et de surveillance à l’ère du Big Data
CRSH. Savoir, 2015-2020

Grâce à des algorithmes sophistiqués capables de décrypter des affinités cachées entre plusieurs types de données, le Big Data a la prétention de colliger les données personnelles des médias socionumériques afin d’établir des corrélations où les activités humaines seraient modélisées et ainsi rendues prévisibles. L’objectif de cette recherche est d’analyser l’utilisation des médias socionumériques à la lumière des circuits de production, de captation et de traitement de données produites par les utilisateurs (Big Data). Nous entendons vérifier si cette dynamique sociotechnique (le couplage médias socionumériques/Big Data) est fondée sur l’automatisation de la production, de la captation, du traitement et de la valorisation des données des utilisateurs (gouvernance algorithmique). Nous posons l’hypothèse que ce couplage sociotechnique pourrait constituer une forme de régulation fondée sur cette automatisation et qui se déploie à même des processus de communication : les utilisateurs génèreraient des données qui, une fois captées et traitées, serviraient en retour à nourrir des représentations qui leur sont adressées et qu’ils intègreraient dans leurs pratiques quotidiennes. L’objectif principal de notre recherche consistera à comprendre comment les informations produites par les médias socionumériques s’inscrivent dans des processus de circulation et de captation de données produites par les individus et à vérifier si elles conduisent à l’émergence de nouvelles formes de régulation articulée autour de la de surveillance et de la gouvernance.


Maxime Ouellet, École des médias
La création de la valeur à partir de la rente de monopole symbolique dans les médias sociaux : le cas de Facebook
FRQSC. Établissement de nouveaux professeurs-chercheurs, 2015-2018

Cette recherche vise à contribuer au débat sur la création de la valeur dans les médias sociaux en cherchant à comprendre comment la logique de valorisation financière ne repose pas sur une dynamique uniquement économique, mais également culturelle et communicationnelle. Notre hypothèse de recherche est que la création de la valeur dans les médias sociaux comme Facebook repose sur la valorisation de sa valeur réputationnelle dans la sphère boursière par la création d’une « rente de monopole symbolique » qui s’acquiert au moyen du contrôle de l’information et de l’image de marque. Notre méthodologie s’inscrit dans une perspective d’économie politique culturelle qui cherche à montrer l’importance des discours dans la construction de l’économie. Il s’agit d’élaborer une méthodologie reposant sur l’analyse à la fois des discours et des chiffres. Au moyen d’une analyse critique des discours produits par Facebook, nous montrerons comment l’entreprise réussit à monétiser la valeur grâce à la production d’une culture de la participation, notamment par la promotion de la mobilité grâce aux outils de géolocalisation, et également au moyen de la collecte et de la revente, auprès des annonceurs, des traces informationnelles laissées par les usagers. Nous analyserons également les états financiers de Facebook depuis son entrée en bourse afin de comprendre les effets des discours médiatiques et publicitaires sur sa valeur boursière


Stéphanie Yates, Département de communication sociale et publique
Les portes tournantes en politique : vers une reconfiguration du lobbying?
CRSH. Savoir, 2015-2020

Dans un contexte de méfiance généralisée à l’endroit de la classe politique, alimenté par des épisodes récents où ont été mis au jour des cas de collusion, voire de corruption, le caractère éthique de l’influence exercée en politique soulève souvent bien des questionnements. Notre recherche vise précisément à lever le voile sur une forme d’influence encore peu étudiée en contexte canadien, les portes tournantes (ou revolving door). Le phénomène réfère au mouvement professionnel de titulaires de charges publiques, tels les fonctionnaires ou les élus, qui choisissent, à l’issue de leur mandat, d’œuvrer dans un secteur d’activités lié à leur charge publique. Il concerne également les individus qui passent à un mandat public en lien avec leur ancienne occupation professionnelle dans le secteur privé. Au-delà des effets estimés des portes tournantes quant à l’exercice de l’influence et à la pratique du lobbying dans ses formes classiques, nous souhaitons nous pencher sur les motivations – ou ambitions – qui en stimuleraient la pratique, de même que sur les intentions en matière d’influence et sur les stratégies déployées en ce sens. Nous nous intéressons aussi aux évaluations du phénomène telles qu’elles sont formulées par les différents acteurs associés aux cas étudiés, autant en ce qui concerne la nature des jeux d’influence ainsi mis de l’avant que les questionnements éthiques qu’ils inspirent.


Pierre Barette, École des médias
De la visibilité à la célébrité : essor et consolidation du « star system » québécois à la télévision (1961-1971)
CRSH. Développement Savoir, 2015-2016

Cette initiative de recherche a pour objectif général d’expliciter le rôle prépondérant qu’a joué, durant les années 1960 au Québec, les transformations de la programmation télévisuelle (et plus particulièrement la place plus grande qu’y prennent désormais deux « genres » : les jeux et les variétés) dans le développement d’un star system local, devenu depuis un des traits distinctifs de la culture de grande consommation et de la culture médiatique au Québec. Le projet s’inscrit à l’aulne d’un programme de recherche plus vaste sur l’histoire et l’actualité des genres à la télévision québécoise et est réalisé dans le cadre des activités du Laboratoire de recherche sur la culture de grande consommation et la culture médiatique au Québec. Pour en savoir plus


Christine Thoër, Département de communication sociale et publique, et Monique Caron Bouchard (Collège Jean-de-Brébeuf)
Analyse d’un projet de production de capsules vidéo sur l’alimentation en milieu scolaire
PAFARC, démarrage de projet, UQAM, 2015-2016

L’objectif de ce projet, réalisé en partenariat avec l’école Mont-Royal et l’enseignant de sciences Vincent Ouellet, est d’évaluer une activité pédagogique de production de capsules vidéo sur la saine alimentation par des élèves de secondaire 3. Dans le cadre de ce projet intitulé « Rapidement cuisiné, dangereusement santé et vraiment délicieux », les jeunes sont amenés à réaliser des capsules vidéo sur l’alimentation et la préparation d’un plat facile à cuisiner et intégrant des aliments sains. Ces vidéos réalisées en équipe sont visionnées, puis discutées en classe et diffusées via la chaine YouTube et la page Facebook du projet. La recherche permettra de voir si cette activité de production et de diffusion de capsules vidéo favorise la motivation et le sentiment d’efficacité des jeunes à l’égard de la préparation des repas et l’acquisition de compétences en matière de production vidéo.


Lise Renaud, Département de communication sociale et publique, ComSanté
Cochercheure : Consuelo Vasquez (DCSP)
Communication et santé : pratiques, transformations et enjeux sociaux
FRQSC. Soutien aux équipes de recherche en partenariat, 2014-2018

ComSanté poursuit une mission de recherche interdisciplinaire et de mobilisation des connaissances en matière de communication et santé. Depuis plus de 20 ans, les travaux dans ce domaine se sont multipliés amenant le développement d’un champ de recherche et d’intervention appelé « communication et santé » que Renaud et Rico (2007) définissent comme « l’étude et l’utilisation de stratégies de communications interpersonnelles, organisationnelles et médiatiques visant à informer et à influencer les décisions individuelles et collectives propices à l’amélioration de la santé ». La communication et santé s’exerce dans de multiples contextes et constitue un champ vaste et morcelé, rassemblant des chercheures et chercheurs relevant d’approches épistémologiques et de disciplines variées (santé publique, communication, psychologie, sociologie, études féministes, sciences politiques, etc.). Elle implique plusieurs catégories d’acteurs (population, patients, soignants, gestionnaires, etc.), s’actualise dans différents contextes sociaux et culturels (domiciles, hôpitaux, écoles, milieux de travail) et divers types d’interactions (entre personnes, groupes, organisations, société). Depuis 2013, nous avons plus particulièrement étudié les représentations et les normes en matière de santé et les interventions de promotion de la santé, nous appuyant sur le Modèle dynamique interactif du façonnement des normes de santé comme outil d’intégration conceptuelle. Dans les années à venir, nous souhaitons continuer d’analyser ces questions et mieux comprendre les transformations liées aux usages des technologies numériques en communication et santé.


Christine Thoër, Département de communication sociale et publique
Avec Florence Millerand (DCSP), Judith Gaudet (DCSP), Joseph Lévy (Sexologie, UQAM) et Serge Proulx (EDM)
Les jeunes et le divertissement « connecté ». Usages et significations du visionnement de films, de séries et de capsules vidéo sur Internet et via des périphériques mobiles
CRSH. Savoir, 2014-2017

De plus en plus de jeunes Québécois utilisent Internet à des fins de divertissement. Parmi ces activités, le visionnement de films, de séries TV, de webséries et de vidéos constitue une activité qui s’est largement développée. Plusieurs facteurs contribuent au développement de ces pratiques. Les périphériques fixes et mobiles sont de plus en plus performants et accessibles. Par ailleurs, la qualité des réseaux Internet s’accroît, permettant le visionnement de vidéos ou de fictions, en direct comme en différé. Enfin, l’offre en ligne de contenus vidéo s’est multipliée et Internet permet plus de contrôle sur la sélection, la fréquence, la durée et les lieux de visionnement. Dans ce contexte, nous nous interrogeons à savoir comment le visionnement en ligne transforme le rapport des jeunes aux contenus de divertissement. Les objectifs de cette recherche sont de documenter les usages que font les adolescents (12-17 ans) et les jeunes adultes (18-25 ans) des contenus audiovisuels (films, séries TV, webséries, vidéos et podcasts) auxquels ils accèdent sur Internet et via les périphériques mobiles, et de cerner le sens qu’ils construisent autour de ces pratiques qui ne se limitent pas au visionnement, mais renvoient au partage, à l’évaluation, à la transformation et à la création de contenus.


Christine Thoër et Chantal Aurousseau, Département de communication sociale et publique
En partenariat avec le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et le collectif Je suis indestructible, et en collaboration avec Lynne Kurztman du Service aux collectivités de l’UQAM
Témoigner de son agression sur Internet : expériences et enjeux pour les victimes
PAFARC, UQAM, 2015-2016

Réalisé avec le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, le collectif Je suis indestructible et le Service aux collectivités de l’UQAM, ce projet vise à cerner l’expérience des femmes qui témoignent d’une agression à caractère sexuel via les médias sociaux et l’impact de cette démarche sur leur processus de reconstruction personnelle. Le témoignage en ligne, pratique en hausse chez les victimes, demande une révision des processus d’intervention traditionnels, car il est difficile de savoir s’il constitue une action isolée ou située dans une démarche de soutien aux victimes et d’en cerner les conséquences. En plus de documenter ces pratiques de témoignage, la recherche permettra de cerner les risques de dérive d’une telle démarche de dévoilement en ligne et d’ajuster le soutien offert par les partenaires, notamment en regard des modalités d’encadrement ou des outils d’action pour les intervenantes dans le domaine des agressions à caractère sexuel


Gaétan Tremblay, Département de communication sociale et publique
Avec Oumar Kane (DCSP)
Le service public médiatique à l’ère de l’Internet
CRSH. Savoir, 2014-2017

Cette recherche porte sur le rôle du service public médiatique à l’ère de l’internet et des sociétés du savoir. Au moment même où s’affirmaient dans les années 1980 la remise en cause du service public et les opérations de privatisation et de déréglementation, naissait un nouveau mouvement d’étude et de défense des biens et services collectifs, le mouvement des « commons », qui s’est d’abord intéressé aux « commons » matériels tels que la forêt et la mer. Avec l’expansion des réseaux numériques, cette approche s’est étendue à la connaissance, à la culture et à l’information. L’étude des industries culturelles, caractérisées par leur créativité et proposées depuis quelques années comme modèles pour une nouvelle économie dite « créative », nous amène à prendre en considération la problématique de la propriété intellectuelle et celle-ci, depuis l’avènement de l’internet, oblige à prendre en compte les « creative commons ». En suivant cet enchaînement conceptuel, nous nous proposons d’analyser la radiodiffusion, industrie de production et de diffusion culturelle où la notion de service public a historiquement joué un rôle de premier plan, à la lumière de la nouvelle perspective qu’offre la problématique de la créativité et des « knowledge and creative commons ». Les réseaux numériques représentent certes un défi de taille pour les télévisions traditionnelles en ce qu’ils grugent leurs auditoires et amputent leurs revenus publicitaires. Mais la vitalité du mouvement des « knowledge and creative commons » sur l’internet devrait également attirer l’attention des radiodiffuseurs, en particulier des chaînes publiques, dans la mesure où il pourrait inspirer un renouvellement du service public, en facilitant une plus grande accessibilité aux productions culturelles.

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