Projets de recherche

Occuper et préoccuper l’oreille citoyenne : dévoiler les conditions de production des journalistes dans la nouvelle

Chantal Francœur, École des médias

Avec ce projet, Chantal Francœur et son équipe souhaitent produire des œuvres sonores sur le journalisme et les conditions de production des journalistes. Les œuvres créées matérialiseront deux ambitions : renouveler les formats journalistiques audio et fournir plusieurs niveaux d’information dans un même reportage. Pauvreté de moyens, difficultés d’accès à l’information, heures de tombée multiples, complexité de l’organisation du travail, exigence de la démarche journalistique, etc. : la livraison quotidienne des nouvelles passe souvent sous silence les conditions dans lesquelles ces informations sont produites. En renouvelant les formats journalistiques audio, ce projet tentera d’élargir le champ de ce qui peut être dit et dévoilé et de briser le statu quo imposé par les patrons journalistiques convenus.

La place des femmes dans l’industrie du jeu vidéo au Québec

Gabrielle Trépanier-Jobin, École des médias

Les femmes représentent seulement 22 % de la main-d’œuvre créatrice des développeurs de jeux vidéo à l’échelle mondiale. Comparativement à leurs homologues masculins, elles sont deux fois moins nombreuses à la tête des équipes de production, deux fois plus sujettes à la discrimination lors du processus d’embauche, quatre fois plus susceptibles de vivre des inégalités sur le plan monétaire et cinq fois plus à risque d’être victimes de microagressions sur leur lieu de travail (ISGA, 2018). Ce portrait s’applique-t-il à l’industrie du jeu vidéo québécoise? L’étude La place des femmes dans l’industrie du jeu vidéo au Québec vise ainsi à établir, d’abord, la proportion de femmes qui travaillent dans cette industrie et les postes qu’elles occupent. Ensuite, elle cherche à identifier les barrières culturelles et systémiques qui nuisent à leur inclusion et à leur rétention dans l’industrie du jeu, de même que les motivations qui les poussent à persévérer dans cette industrie malgré les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Enfin, elle cherche à comprendre comment les femmes qui œuvrent dans l’industrie du jeu vidéo au Québec perçoivent leur rôle par rapport à la diversification des contenus vidéoludiques.

Intervention interculturelle auprès des femmes immigrantes et réfugiées au Québec : quelle place, quels apports des approches féministes dans les pratiques d’intervention?

Caterine Bourassa-Dansereau, Département de communication sociale et publique

Les intervenantes et intervenants interculturels exerçant auprès des femmes immigrantes et réfugiées au Québec évoluent aujourd’hui dans des milieux marqués par la diversité et sont confrontés à des situations d’intervention de plus en plus complexes. La question du genre participe entre autres à cette complexité, notamment lorsqu’il est question d’interventions touchant les discriminations et les situations de violences sexuelles, conjugales ou familiales vécues par ces femmes. Bien qu’on observe depuis quelques années une volonté d’intégrer une sensibilité interculturelle aux pratiques d’intervention, une certaine « invisibilité du genre » persiste : les milieux de pratique demeurent frileux à l’idée d’intégrer des outils et des cadres d’analyse féministe lors d’interventions interculturelles auprès des femmes immigrantes et réfugiées. L’objectif de ce projet, qui s’appuie sur une approche qualitative, est ainsi de comprendre comment la dimension des rapports sociaux liés au genre est prise en compte dans l’intervention interculturelle au Québec et comment les personnes intervenantes et les femmes immigrantes et réfugiées utilisatrices de ces services concilient les enjeux interculturels et de genre.

Atelier de chronotopies urbaines : scènes et cultures populaires

Martin Lussier, Département de communication sociale et publique
Avec Anouk Bélanger, Département de communication sociale et publique

L’Atelier de chronotopies urbaines (ACU) est un espace collaboratif et un dispositif technologique visant à documenter, à comprendre, à créer et à mettre en valeur la participation des scènes et des cultures populaires à la ville contemporaine. Les récentes mutations du tissu culturel, social et économique des villes représentent la trame sur laquelle s’y déploieront les projets de recherche, en s’attardant aux collectifs et aux pratiques culturels en marge de ces transformations. Les travaux sont menés selon trois principes : la collaboration communauté́-université́, la diversité́ des savoirs et la transformation sociale.

Organisés autour d’un ensemble de dispositifs de documentation mobiles, de travail collaboratif et de diffusion, allant des projections architecturales à la création d’une encyclopédie (participative) numérique des cultures populaires, les projets de l’ACU regrouperont chercheuses et chercheurs, communautés et partenaires.

On vous fait signe! Citoyenneté culturelle des personnes sourdes et pratiques d’accessibilité culturelle

Véronique Leduc, Département de communication sociale et publique

Les personnes sourdes sont une minorité́ culturelle et linguistique formant environ 10 % de la population canadienne. Minorisées, elles rencontrent de nombreux obstacles (préjugés, discrimination, invisibilité́) et connaissent un taux de participation culturelle et citoyenne moindre. Pourtant, la culture est un vecteur de lien social essentiel. Dans nos sociétés où une supériorité est conférée à celles et ceux qui entendent et où les langues de signes sont peu valorisées, comment les personnes sourdes conçoivent-elles leur expérience de la citoyenneté́ culturelle, notamment leur sentiment d’appartenance à la société et leur participation culturelle? On vous fait signe! Citoyenneté culturelle des personnes sourdes et pratiques d’accessibilité culturelle vise ainsi à développer une meilleure compréhension, d’une part, de la citoyenneté́ culturelle des personnes sourdes et, d’autre part, des pratiques d’accessibilité́ culturelle en interrogeant et en documentant les principaux enjeux qu’elles soulèvent.

Musique au bout des doigts. Exploration des intersections musique et vieillissement au sein des communautés de sourd.es signeur.es à Montréal

Véronique Leduc, Département de communication sociale et publique

Dans nos sociétés audistes où une supériorité est conférée à celles et ceux qui entendent ou se comportent comme s’ils et elles entendaient, la perception la plus répandue est que la musique constitue une forme artistique essentiellement sinon exclusivement sonore et que, dès lors, elle s’avère inaccessible aux personnes sourdes jugées incapables de la performer ou de l’apprécier pleinement. Combinée au discours âgiste qui associe la musique à la jeunesse et à la prédominance accordée à sa fonction thérapeutique, cette étroite définition de la musique affecte significativement les personnes sourdes vieillissantes, ajoutant aux obstacles à leur pleine participation sociale. Dans ce contexte, Au bout des doigts explore la musique sourde à Montréal telle qu’elle est pratiquée et expérimentée par des personnes sourdes âgées au sein des communautés LSQ (langue des signes québécoise) et ASL (langue des signes américaine).

Nos mains qui vibrent : recherche-création en musiques sourdes

Véronique Leduc, Département de communication sociale et publique

Nos mains qui vibrent est une recherche-création rassemblant des artistes sourd.es québécois.es d’origines diverses, qui vise à déconstruire l’audisme en musique. Les vidéos de musiques signées, créées par Daz Saunders, Hodan Youssouf et Pamela Witcher, sont accompagnées d’une piste vibratoire disponible sur la plateforme Vibrik conçue par Samuel Thulin et Ivan Ruby, en collaboration avec les artistes. La création de vibrations permet de créer une résonnance entre les rythmes mécaniques et les rythmes visuels de la musique signée.

Pourquoi les adultes émergents inexpérimentés sexuellement sont-ils stigmatisés?

Marie-Aude Boislard-Pépin, Département de sexologie
Avec Mélanie Millette, Département de communication sociale et publique
En collaboration avec Stéfany Boisvert (École des médias) et Julie Lavigne (Département de sexologie)

Ce projet étudie les perceptions sociales et les stigmates touchant les jeunes adultes inexpérimentés sexuellement, à travers les représentations médiatiques des personnages contemporains des séries télévisées et des films, ainsi que dans les médias sociaux où des membres de l’entourage de ces jeunes adultes s’expriment.

Pratiques des artistes sourd.es et handicapé.es

Véronique Leduc, Département de communication sociale et publique
Avec Mouloud Boukala, École des médias, et Joëlle Rouleau, Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques (UdeM)

Menée par une équipe de chercheur.es et d’artistes handicapé.es, sourd.es et allié.es issu.es de quatre universités canadiennes, cette recherche financée par le Conseil des arts vise à dresser un portrait des pratiques des artistes sourd.es et handicapé.es au Canada. Elle contribuera à favoriser : une meilleure compréhension des enjeux entourant les arts sourds et handicapés; des collaborations entre les secteurs des arts sourds et handicapés et ceux des arts en général; et des pratiques qui permettent la reconnaissance, le soutien et la promotion des pratiques artistiques sourdes et handicapées. Quatre-vingts participant.es recrutés dans huit villes canadiennes ont participé à la recherche.

Usage des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale

Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-RivièresAvec Stéphanie Yates, Département de communication sociale et publique

Au cours des 15 dernières années, les médias socionumériques sont venus redéfinir les répertoires d’action politiques. Les acteurs politiques formels, les entreprises, les groupes d’intérêts et les citoyennes et citoyens se tournent maintenant vers les plateformes numériques afin de s’informer, de diffuser des messages, de mobiliser et de protester dans l’espace public. Ces nouvelles formes d’engagement politique facilitées par l’Internet semblent particulièrement propices lors de débat touchant des enjeux d’acceptabilité sociale, notion devenue incontournable lorsqu’il est question du développement de projets qui soulèvent des enjeux économiques, sociaux ou environnementaux. Au Québec, certains projets, ports méthaniers, pipelines ou hausse des frais de scolarité, par exemple, ont notamment donné lieu à de vifs affrontements politiques et sociaux. Or nous en savons très peu sur l’enchevêtrement de ces nouvelles formes d’engagement politique et numérique lorsque l’acceptabilité sociale de projets est en jeu. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est de comprendre les usages des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale.

La mise en données de la société : enjeux sociopolitiques de la production et de l’usage de données publiques et privées

Florence Millerand, Département de communication sociale et publique
Avec Guillaume Latzko-Toth (Université Laval), Mélanie Millette et Alexandre Coutant (Département de communication sociale et publique)

L’essor du numérique a favorisé la multiplication des données en circulation dans la société – données générées tant par les administrations publiques et les entreprises que par les individus et les outils techniques –, au point où nous faisons aujourd’hui face à un phénomène de « mise en données » (datafication) de la société. D’un côté, les projets de publication de données, publiques en particulier, se multiplient; de l’autre, la nature des usages qui en sont faits reste peu connue et peu documentée. Ce projet a donc pour objectif, dans un premier temps, d’examiner comment des « publics de données » sont « imaginés » par les promoteurs des initiatives de publication de données et, à travers eux, comment des problèmes (sociaux, politiques ou autres) sont formulés et traduits dans des stratégies d’ouverture, de publication et d’utilisation de données. Dans un deuxième temps, il vise à analyser comment ces problèmes se trouvent reformulés, ignorés ou contestés par des individus et des groupes sociaux.

Découvrez la Chaire de recherche sur les usages des technologies numériques et les mutations de la communication

Expériences et usages du passé dans les communautés en ligne : (n)ostalgie de l’ancienne République démocratique allemande

Katharina Niemeyer, École des médias

L’ostalgie, c’est la nostalgie de l’Est : un regret doux-amer de l’ancienne République démocratique allemande, de sa politique, de ses produits culturels et industriels. Avec le projet Expériences et usages du passé dans les communautés en ligne, Katharina Niemeyer cherche à identifier les expériences et les usages du passé dans les communautés en ligne qui se qualifient d’« ostalgiques » afin de mieux les comprendre.  Plus précisément, elle cherche : à identifier les types de discours (témoignage, souvenirs ou références historiographiques) et les types de contenus qui circulent dans ces communautés (photos, sons, vidéos, textes); à explorer les négociations entre différentes formes de mémoire (personnelle, culturelle et officielle); à identifier les nostalgies en jeu, celle d’une revendication de revivre et de restaurer la RDA ou celle d’une nostalgie personnelle orientée vers la jeunesse ou le temps passé; et à observer si les commémorations officielles du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin (9 novembre 2019) deviennent objet de partage ou de discussion politique dans les communautés en ligne analysées.

Une recherche exploratoire sur la médiatisation du « terrorisme » dans les médias d’information canadiens francophones et anglophones (1900-2000)

Katharina Niemeyer, École des médias
En collaboration avec Omar Al-Ghazzi (London School of Economics and Political Science), Pierre Anctil (Université d’Ottawa), Isabelle Garcin-Marrou (Université de Lyon) et Guillaume Lavallée (École des médias)

De quelles façons les médias d’information canadiens, la presse et la télévision francophones et anglophones ont-ils utilisé et défini la notion de terrorisme avant le début du XXIe siècle? Ce projet de recherche se propose d’apporter une réflexion approfondie sur comment le « terrorisme » a été traité et défini historiquement par les médias d’information canadiens et, en l’occurrence, de saisir les enjeux politiques, historiques et juridiques qui influent sur et se révèlent par la médiatisation. À partir d’une recherche extensive dans les archives médiatiques francophones et anglophones (Radio Canada/CBC, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Bibliothèque et archives Canada, Toronto Public Library), un panorama de la couverture médiatique du « terrorisme » sera dressé et la médiatisation de cette notion sera analysée afin de saisir, dans une perspective historique, l’évolution des définitions du terme et de ses mises en scènes médiatiques.

Médias numériques et changements climatiques : une topographie mixte du hashtag #climatechange sur Twitter

Oumar Kane, Département de communication sociale et publique
Avec Ahmed Al-Rawi (Concordia) et Aimé-Jules Bizimana (Université du Québec en Outaouais)

Au sein du domaine que constitue la « communication environnementale », à la fois un champ d’investigations scientifiques et un univers de pratiques (professionnelles et amateurs), l’enjeu le plus important, à ce jour, est celui des changements climatiques, si bien qu’un sous-champ s’est progressivement développé : celui la « communication sur les changements climatiques ». Les controverses qui l’animent sont tant de nature scientifique que sociale et ses espaces d’occurrence sont à la fois les lieux physiques d’interaction sociale et les médias traditionnels dits « de masse ». Comme les médias numériques y acquièrent une place de plus en plus importante, les interactions sur la question des changements climatiques tendent à se déplacer vers les réseaux numériques. Dans ce contexte, cette recherche se propose d’examiner les discours sur Twitter portant sur l’environnement afin de les comprendre et de mettre au jour les dimensions éthiques et symboliques investies dans le combat environnemental qui les sous-tend.

Les perceptions et les pratiques de l’environnement par les personnes à mobilité réduite dans la ville de Montréal

Mouloud Boukala, École des médias

Comment les personnes à mobilité réduite perçoivent-elles leur environnement à Montréal? En ayant recours à un oculomètre, un appareil semblable à une paire de lunettes équipée d’une caméra et de capteurs de mouvement de pupilles, les déplacements de personnes utilisant, par exemple, un fauteuil roulant manuel ou motorisé, un triporteur ou un quadriporteur seront captés à travers leur champ de vision afin de mieux en comprendre les modalités. L’objectif est d’analyser les rapports entre les usagers à mobilité réduite et l’environnement dans lequel ils se déplacent à partir de nouvelles méthodologies d’une part, et, d’autre part, de comprendre comment ces personnes, selon leurs caractéristiques personnelles, combinent les ressources informationnelles, physiques, humaines et techniques afin de se déplacer dans la ville et de mettre en relief les contraintes et les potentialités perceptives et physiques qu’offrent certains environnements urbains. Par cela, cette recherche espère contribuer à l’amélioration de l’accessibilité urbaine (aménagements individuels et collectifs) pour les personnes à mobilité́ réduite.

L’immersion fictionnelle dans les jeux vidéo

Gabrielle Trépanier-Jobin, École des médias

L’immersion du joueur est l’un des effets les plus recherchés par les producteurs de jeux vidéo. Si les jeux commerciaux à la trame narrative et aux personnages développés sont de plus en plus nombreux sur le marché, les producteurs de jeux vidéo ont malgré tout tendance à attribuer le phénomène d’immersion à l’utilisation de technologies complexes et sophistiquées plutôt qu’à une trame narrative riche. Dans ce contexte, il semble nécessaire de s’interroger sur le présupposé selon lequel un appareillage technologique sophistiqué, une vision stéréoscopique et des graphiques photoréalistes sont les seules variables qui contribuent à l’immersion du joueur. C’est ce que cette étude se propose de faire en cherchant à comprendre comment d’autres facteurs internes et externes aux jeux interagissent de manière complexe pour susciter l’immersion fictionnelle du joueur.

Trajectoires du vieillissement et personnes âgées immigrantes au Québec

Marie-Emmanuelle Laquerre, Département de communication sociale et publique

Il existe présentement peu de connaissances portant sur le vieillissement des personnes aînées migrantes, en raison notamment de l’hétérogénéité des profils et des trajectoires de vie de celles-ci. C’est pourtant cette hétérogénéité qui a des effets sur les façons dont sera vécu et perçu le vieillissement, sur le niveau d’intégration à la société d’accueil lors de cette période de la vie et sur l’utilisation des ressources et des services. Le projet Trajectoires du vieillissement et personnes âgées immigrantes au Québec souhaite examiner les expériences sociales du vieillissement de personnes âgées immigrantes vivant au Québec, et ce, selon une approche axée sur le vécu expérientiel (parcours, enjeux rencontrés, pratiques de la vie quotidienne, stratégies adaptatives, perceptions du vieillissement). Les profils à l’étude seront variés (hommes/femmes, appartenance générationnelle, migrant ancien/migrant récent, différence de statut, origines ethnoculturelles, etc.) afin de générer des données de recherche qui permettront aux intervenantes et intervenants communautaires et sociosanitaires de mieux comprendre l’importance de considérer la diversité des profils et des trajectoires personnelles dans leurs interventions auprès des personnes âgées immigrantes.

Évaluation d’une campagne de sensibilisation à la radicalisation et enjeux de communication : le cas de la campagne « Et si j’avais tort? J’en parle, j’apprends! »

Christian Agbobli, Département de communication sociale et publique
Une collaboration avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV)

En partenariat avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), ce projet vise à soutenir celui-ci dans le processus d’évaluation de leur campagne « Et si j’avais tort? J’en parle, j’apprends! », lancée en septembre 2017 en collaboration avec la Commission canadienne pour l’UNESCO. Cette campagne de sensibilisation vise à promouvoir des aptitudes favorisant le processus de résilience et le développement d’un esprit critique comme facteurs de protection face aux discours radicalisants et extrémistes menant à la violence. L’objectif est de procéder au suivi de la campagne en cours et à l’évaluation de celle-ci afin d’approfondir nos connaissances relativement aux méthodes de sensibilisation et de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Non-profit marketization and the transformation of volunteering practices/La mise en marché du secteur à but non lucratif et les transformations du bénévolat

Consuelo Vásquez, Département de communication sociale et publique
Avec Frédérik Matte (UOttawa) et Nicolas Bencherki (Téluq), en collaboration avec Kirstie McAllum (UdeM), Viviane Sergi (ESG-UQAM) et Matthew Koschmann (University of Colorado at Boulder)

Comment se transforment les pratiques de bénévolat dans le contexte de mise en marché du secteur à but non lucratif? De nos jours, à l’instar de l’entreprise privée, ce secteur se doit de fonctionner dans une économie libérale mondialisée tout en soutenant une mission sociale et des valeurs comme la solidarité, la redistribution des ressources, l’équité et la justice. Jusqu’à présent, l’attention autour de cette mise en tension entre l’accomplissement d’une activité sociale et des impératifs financiers, afin que ces organismes puissent survivre, a été orientée vers sa résolution. Pourtant, tenter de résoudre les problèmes liés à cette tension pourrait compromettre la raison d’être des organismes à but non lucratif, notamment en affectant leur mission et leur fonctionnement quant à l’apport bénévole, ou leur capacité à être financièrement solvable. À partir d’une ethnographie multisites, cette recherche se propose de développer des explications qui permettront de mieux comprendre ce que signifie « être à but non lucratif » dans une économie de marché afin de rendre cette tension productrice pour ces organisations.

Putting the field of Latin American Organizational Communication on the map

Consuelo Vásquez, Département de communication sociale et publique
Avec Lisssette Marroquin Velasquez (Universidad de Costa Rica) et Griselda Guillen Ojeda (Universidad de Baja California- Mexicali)

Considering the lack of a systematic and contextual revision of the academic knowledge in organizational communication developed in Latin America (LA), and yet a consistent and increased development of the field of organizational communication in this region of the world, this research project aims to present a portrait of this field from a Southern point of view. Following recent attempts to decolonize communication studies, it proposes to develop criteria, tools and heuristics model for data collection and analysis of the field of LA organizational communication that are grounded in the historical, economical and social contexts of this part of the world. Most of the approaches, tools and models in organizational communication have been developed and legitimized in the global North, and more specifically in the United States, imposing a western view of knowledge and knowledge creation that does not take into account the diversity of academic labour contexts, meanings of knowledge and organizational (social) contexts. Moreover, there is a strong critical LA tradition of communication studies that has historically resisted Northen imperialism. The research project aims to continue this line of inquiry by questioning the characteristic of this LA tradition and if its application to the field of organizational communication. In collaboration with colleagues from Colombia, Costa Rica and Mexico, we have started to collect information on this subject. A first exploratory study consisting of the bibliometric analysis of peer-review Latin American journals that publish work in organizational communication during 2010–2014 was conducted. The research project will extend the scope of this first study regarding the period of time (2002–2018) and the corpus of study (peer-review articles, books, book chapters, and conference papers). Moreover, and as mentioned, it will provide a research heuristic and toolbox to conduct research in organizational communication grounded in LA realities.

Publications liées :

Vásquez, C., Marroquín, L. et Angel, A. (2018). In Search of a Latin American Approach to Organizational Communication: A Critical Review of Scholarship (2010-2014), Communication Theory, 28(2), 155-179.

Angel, A., Marroquin, L. et Vásquez, C. (2017). El campo de la comunicación organizacional en América Latina: una revisión crítica de su producción intelectual académica [The Latin American field of organizational communication: a critical review of its academic production]. Organicom, 14(26), 273-289.

L’intimité à l’ère du Big Data

Diane Poitras, École des médias

L’intimité à l’ère du Big Data a pour objectif la production d’un un long-métrage réunissant une une série de courts-métrages sous la forme d’un essai documentaire portant sur la place et le sens de l’intimité à l’ère des dynamiques sociales d’autoexpression (médias socionumériques) et de la collecte de données massives (Big Data). Grâce à une démarche interdisciplinaire unissant la recherche-création et la recherche en sciences sociales, ce projet entend mettre en rapport le circuit de production, de circulation, de captation, de traitement et de modélisation des données personnelles (surveillance et Big Data), ainsi que ses conséquences et ses enjeux sur le plan du rapport à soi (intimité). Du même coup, il permettra, par la recherche, de trouver dans le cinéma de nouvelles formes d’exploration de la subjectivité qui ne sont pas accessibles par les méthodes traditionnelles et proposer une expérience incarnée de la subjectivité, où celle du public sera interpellée de façon à contribuer à la mouvance documentaire de création, qui tend à rester dans l’ombre du documentaire journalistique.

Sexualité et stratégies de négociation identitaire chez les jeunes montréalais de deuxième génération d’immigration : appartenances sociales, religion et technologies numériques

Caterine Bourassa-Dansereau, Département de communication sociale et publique

Quels sont les liens entre l’expérience sexuelle des jeunes issus des deuxièmes générations d’immigration et les processus identitaires qui y sont associés? Cette recherche vise à identifier comment ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, négocient leurs différentes appartenances sociales dans le cadre de leurs relations sexuelles et à examiner les incidences de cette négociation sur leur identité. Par là, elle cherche à identifier les pratiques et les représentations sexuelles de ces jeunes et à explorer les articulations avec leurs appartenances sociales, à étudier l’importance de l’appartenance religieuse lors d’expériences sexuelles et à dresser un portrait des usages que font les jeunes des technologies numériques dans le cadre de leurs relations sexuelles.

Visibilité et invisibilité dans les médias sociaux : contre-publics en ligne les personnes LBGTQ+

Mélanie Millette, Département de communication sociale et publique

À l’intersection de l’étude des médias, de la visibilité et de l’espace public, cette recherche interroge les possibilités d’un gain en capacité d’agir pour les personnes LGBTQ+ par l’intermédiaire de regroupements politiques appelés « contre-publics ». Les contre-publics se développent en deux temps en marge de l’espace public dominant : d’abord le repli sur soi, afin de nommer ses enjeux, et ensuite la recherche de visibilité, pour porter des revendications dans l’espace public. Les médias sociaux permettent à la fois la visibilité et l’invisibilité, selon le paramétrage des plateformes et les stratégies des usagers. Mobilisant un cadre théorique combinant la sociologie des usages des technologies, les théories de l’espace public et des contre-publics, les travaux récents sur la visibilité ainsi que sur les identités LGBTQ+, cette recherche répond à la question suivante : comment la visibilité et l’invisibilité résultant de l’usage des médias sociaux des personnes LGBTQ+ participent-elles de leur rapport à l’espace public, notamment par la constitution de contre-publics?

Les nouveaux services d’intermédiation numérique et les transformations du secteur audiovisuel au Canada et au Québec

Éric George, École des médias
Avec Michel Sénécal (Téluq), Anouk Bélanger (DCSP) et Arnaud Anciaux (ULaval)

Dans un contexte marqué par la numérisation généralisée des processus de création, de production, de distribution et de réception des produits audiovisuels, par la libéralisation des législations et des règlementations, par la financiarisation et la globalisation des économies et par l’essor de nouvelles pratiques culturelles, les industries canadiennes et québécoises du cinéma et de la télévision sont confrontées à l’apparition de nouveaux services d’intermédiation. Souvent mises en place par des industries de la communication, ces plateformes numériques, à l’instar de Netflix, proposent des formes inédites d’intermédiation qui s’ajoutent à celles des diffuseurs et des distributeurs « traditionnels ». Ces nouveaux services comptent souvent sur des capacités financières bien supérieures à celles des industries culturelles locales pour obtenir l’exclusivité des droits de diffusion sur les œuvres. Ils n’ont pas ou peu de charges fiscales à payer ni de cadre règlementaire spécifique à suivre. Dans ce contexte, notre projet vise :

  1. à comprendre les places et les rôles assurés par les nouveaux services d’intermédiation dans le secteur de l’audiovisuel;
  2. à identifier d’éventuelles analogies entre les transformations potentielles actuelles et celles survenues antérieurement afin d’évaluer dans quelle mesure la situation présente est inédite ou correspond à des défis plus anciens;
  3. et à éprouver la pertinence scientifique des notions de filière et de modèle dans l’analyse des transformations du secteur et à attester l’apport de la perspective du « temps long » dans celle-ci.

Relations sociales, similarité de discours et diffusion

Johanne Saint-Charles, Département de communication sociale et publique
Avec Pierre Mongeau (DCSP) et Carlo Morselli (UdeM) et la collaboration de Nikita Basov (DCSP, Saint Petersburg State University), Maude Bonenfant (DCSP), Jean-François Chartier (UdeM), Guy Melançon (Bordeaux 1), Frédéric Mertens (Universidad de Brasília), Jean-Guy Meunier (LANCI), Élia Rizkallah (Département de sociologie) et François P. Robert (chercheur, DCSP)

Afin de mieux comprendre comment les relations sociales affectent la diffusion des idées et des discours et comment les liens entre les personnes sont affectés par les idées et les discours tenus par ces personnes, ce projet cherche à examiner les rapports de détermination entre les liens sociaux et les discours. Se fréquente-t-on parce qu’on se ressemble ou se ressemble-t-on parce que l’on se fréquente?

Plus précisément, le projet Résodi cherche à expliquer les rapports entre, d’une part, les processus de diffusion sociale menant à de la similarité entre les discours des individus et, d’autre part, les processus de formation, de développement et de rupture des liens entre ces individus. La contribution est à la fois théorique et méthodologique. Deux principaux modèles sont en concurrence pour expliquer le partage de discours entre individus et la structuration des liens sociaux : le modèle de l’homophilie, pour lequel la similarité entre les discours conduit au développement de relations sociales, et les théories de la contagion, où la relation sociale conduit au partage de discours par un processus d’influence.

Démarche de recherche-action collaborative visant à approfondir l’optimisation et les impacts des groupes de codéveloppement professionnel, dans une perspective transversale des secteurs

Nathalie Lafranchise, Département de communication sociale et publique
Avec François Courcy (UdeS), Luc Bonneville et Sylvie Grosjean (UOttawa), Kerstin Kuyken (ESG), Maxime Paquet (chercheur, DCSP), Marie-Hélène Poulin (UQAT), Liliane Hamel (ULaval) et Mélanie Lavoie-Tremblay (McGill)

Ce projet met en lien douze cochercheurs, huit universités et onze partenaires organisationnels. Il vise la production de nouveaux savoirs à propos des groupes de codéveloppement professionnels (GCP). Le GCP est une approche de formation qui mise sur les interactions entre les participantes et participants, le partage d’expériences, la réflexion sur l’expérience et les réinvestissements dans l’action pour favoriser l’amélioration des pratiques professionnelles. Les objectifs sont :

  • de documenter diverses applications du GCP (milieux de la santé, entrepreneuriat, administration, éducation, coopération);
  • de mesurer et de comprendre des impacts individuels et organisationnels des GCP;
  • de dégager des impacts communs et spécifiques aux différents groupes;
  • d’identifier des facteurs d’influencent des impacts;
  • de valider un questionnaire psychométrique servant à évaluer des compétences d’animation et d’accompagnement chez les animateurs-accompagnateurs de GCP;
  • de mieux comprendre le leadership d’accompagnement chez les animateurs-accompagnateurs de GCP;
  • et de comprendre l’apport de communautés de pratique et d’apprentissage en lien avec les GCP.

Découvrez ce partenariat de recherche-action et ses activités sur http://codev-action.com/.

Pratiques quotidiennes des travailleurs culturels institutionnels et associatifs au Québec : pour comprendre le développement partenarial en culture. Le cas des « cellules régionales d’innovation en médiation culturelle »

Martin Lussier, Département de communication sociale et publique

Au cours des 15 dernières années, la médiation culturelle s’est imposée dans le paysage québécois. Elle chapeaute un vaste ensemble de pratiques et est de plus en plus utilisée de manière générique pour rendre compte de gestes visant à construire de nouveaux liens entre les citoyens et la culture. À ce titre, la médiation culturelle occupe une place croissante au sein des actions des administrations publiques et des programmes de développement culturel des territoires. Afin de favoriser le déploiement et l’essor des initiatives en médiation culturelle sur l’ensemble du territoire québécois, des « cellules régionales d’innovation en médiation culturelle » (CRIMC) prennent forme dans différentes régions du Québec depuis 2012. Dans ce contexte, ce projet vise à documenter les logiques propres au travail culturel à l’extérieur des grands centres urbains. Il cherche, partant du point de vue des personnes travaillant, à créer et à orienter ces cellules, à comprendre l’émergence inédite de la médiation culturelle comme prétexte à la mobilisation d’acteurs locaux hétérogènes et à la réorganisation concomitante qui s’opère au sein du champ culturel. Il propose également d’explorer le processus de production de la culture et du culturel au Québec en documentant les propriétés empiriques de la pratique quotidienne des travailleurs culturels (institutionnels et associatifs) régionaux et locaux, tel que les CRIMC l’exemplifient.

Big Data et jeux vidéo : usage des données massives pour l’analyse d’une communauté de joueurs en ligne

Maude Bonenfant, Département de communication sociale et publique
Avec Sébastien Gambs, Mohamed Bouguessa, Marie-Jean Meurs et Mili Hafedh (Département d’informatique)

Les jeux vidéo en ligne présentent différents enjeux communicationnels, sociaux, économiques et éthiques. De plus en plus pratiqués, ils génèrent désormais un chiffre d’affaire de plusieurs milliards de dollars, mais l’utilisation de plus en plus généralisée des outils du Big Data pour traquer les comportements des joueurs soulève également des questions d’ordre éthique, entre autres liées à la surveillance de masse. Comment s’articule la volonté de l’industrie vidéoludique d’attirer de plus en plus de joueurs, de les garder actifs le plus longtemps possible et de faire des profits tout au long de la durée active du jeu, entre autres grâce à la traçabilité offerte par les outils du Big Data, avec les enjeux sociaux et éthiques vécus par une communauté de joueurs? Par ailleurs, quels sont les effets des plateformes de jeu sur les comportements des joueurs? Quels sont ces comportements au sein d’un jeu, de la phase de test au déclin du jeu en passant par la phase la plus active? Et comment est-il possible de mieux comprendre la communauté de joueuses et joueurs en utilisant les données massives tout en respectant leur droit à la vie privée? Sur la base de ces questionnements, l’objectif de cette recherche est d’analyser l’émergence, le déploiement et le déclin d’une communauté de joueurs d’un jeu vidéo.

Nouveaux acteurs, nouveaux métiers de la culture : musique et audiovisuel

Anouk Bélanger et Martin Lussier, Département de communication sociale et publique

Depuis près de 30 ans, les divers secteurs de la culture sont confrontés à une recomposition radicale des processus de création, de production, de distribution et de réception des œuvres et des produits culturels. Cette recomposition découle d’une multitude de facteurs qui dessinent un contexte en mutation : les frontières territoriales se sont ouvertes; de nouvelles formes artistiques se développent hors des cadres connus, à la croisée des chemins; les politiques publiques intègrent culture et créativité dans le développement des territoires; et les habitudes de consommation changent, tout comme les règles qui régissent les industries culturelles. Ces changements sont liés à des développements technologiques, mais également économiques et politiques. Ils entraînent l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux métiers et ont des répercussions durablement sur les conditions de pratiques des travailleuses et travailleurs culturels. Il n’existe aucun travail scientifique visant à documenter, au Québec, l’évolution de ce contexte du point de vue des artistes, des créatrices et créateurs et des travailleuses et travailleurs de la culture. Nous proposons, dans cette recherche, de les mobiliser comme sources de construction du sens, de pleinement reconnaître leur rôle comme instance participative tout en documentant leurs expériences de ces transformations.

Patrimonialisation et médiation : la transmission culturelle dans les musées de société

Jean-Marie Lafortune, Département de communication sociale et publiqueAvec Anik Meunier (Département de didactique, UQAM) et Jason Luckerhoff (UQTR)

Ce projet s’intéresse aux dispositifs de patrimonialisation et de médiation des musées de société, catégorie large qui recouvre les institutions telles que les musées d’arts et traditions populaires, d’histoire et d’ethnographie. Il s’agit de caractériser le fonctionnement des opérateurs humains, spatiaux et discursifs utilisés pour consacrer la valeur historique d’objets ou de pratiques et pour communiquer avec les visiteuses et visiteurs, les publics et les partenaires. Dans le cadre de ce projet, ces dispositifs seront évalués dans une démarche formative au sein de trois établissements : le Centre d’histoire de Montréal, le Musée de la civilisation de Québec et le Musée canadien de l’histoire de Gatineau. Quels contenus culturels transmettent-ils? Pour qui et avec qui? Quelles incidences ont les interactions avec les visiteuses et visiteurs, les publics et les partenaires sur la production et la diffusion des discours mobilisant ces objets et ces pratiques? Que nous révèle le fonctionnement des dispositifs concernés sur les contenus, les modalités et la portée d’une transmission culturelle conçue comme un transfert d’informations cumulatives d’une personne, d’une catégorie sociale ou d’une génération à une autre?

LabCMO. Usages des médias numériques et mutations sociales

Florence Millerand, Département de communication sociale et publique

Le Laboratoire sur la communication et le numérique (LabCMO) propose une programmation de recherche visant l’étude des usages des médias et des technologies numériques pour comprendre les mutations qu’ils suscitent dans la société. En mobilisant une approche interdisciplinaire de l’étude des usages, la programmation permettra de comprendre la complexité des phénomènes sociotechniques liés aux nouveaux usages du numérique dans nos sociétés contemporaines. Trois foyers majeurs de mutations seront examinés : le vivre-ensemble, par les mutations de la sociabilité et de l’agir politique; le produire-ensemble, par les mutations du travail et de l’activité contributive; et la recherche en sciences humaines et sociales, par les méthodes de recherche sur les usages.

L’équipe MÉTISS. Intervention, migration et diversité : vers une pratique clinique citoyenne dans les interventions sociales et de santé

Catherine Gail Montgomery, Département de communication sociale et publique

L’équipe MÉTISS constitue un observatoire privilégié des enjeux d’intervention sociale et de santé en contexte de migration. Forte d’un partenariat de longue date entre les milieux de pratique (CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal et son centre de recherche SHERPA, ainsi que d’autres établissements communautaires et du réseau de la santé) et les milieux universitaires (UQAM, UdeM, ULaval, McGill), l’équipe propose une programmation qui allie la réflexion critique, la recherche et le développement d’outils pour la pratique.

Malgré une plus grande ouverture des institutions à la diversité au cours des dernières années, les acquis demeurent néanmoins fragiles, d’autant plus que les transformations importantes dans les champs migratoires (évolution des flux migratoires, politiques et lois) et sociosanitaires (restructuration en cours du réseau de la santé et des services sociaux) font émerger de nouveaux défis et problématiques. La programmation de l’équipe MÉTISS pour la période 2016-2020 est fondée sur l’action sociale, le dialogue et les droits en matière de santé et de services sociaux en contexte de diversité. Les travaux de MÉTISS sont organisés autour de trois axes :

  1. le renouvellement des perspectives en intervention interculturelle : réflexion autour de problématiques émergentes;
  2. le plurilinguisme et l’interprétariat dans les interventions sociales et de santé;
  3. les dynamiques sociales contemporaines et l’immigration : insertion socioprofessionnelle, précarisation et santé.

Soutien psychosocial en ligne : modalités et enjeux de l’intervention pour différentes populations

Christine Thoër, Département de communication sociale et publique
Avec Benoit Cordelier, Judith Gaudet, Emmanuelle Laquerre, Lise Renaud et Olivier Turbide (Département de communication sociale et publique)
En partenariat avec le CHU Sainte-Justine, la Société canadienne du cancer et Tel-jeunes – Générations

Différents travaux ont montré depuis 15 ans que les espaces d’échange entre pairs sur Internet sont de plus en plus utilisés par des individus vivant divers problèmes psychosociaux ou devant s’adapter à des situations stressantes. Les organismes qui interviennent auprès de ces populations s’interrogent quant au processus pour concevoir, mettre en œuvre, déployer et évaluer des interventions de soutien social en ligne. Le projet Soutien psychosocial en ligne, qui s’appuie sur une méthodologie mixte et privilégie une approche participative, vise ainsi à développer des partenariats de recherche avec trois organismes (la Société canadienne du cancer, Tel-jeunes et le CHU Sainte-Justine) qui ont ou souhaitent recourir aux espaces d’échange en ligne pour soutenir des populations vivant différentes problématiques ou expériences de vie pouvant avoir un impact sur leur bien-être psychosocial. Il vise :

  1. à mieux comprendre le fonctionnement du soutien social en ligne;
  2. à cerner les effets (positifs ou négatifs) à court et moyen terme de la participation à ces espaces de soutien social en ligne sur le bien-être psychologique des participants;
  3. et à documenter le processus d’intervention de soutien social.

CRICIS. Mutations des industries de la culture et de la communication à l’ère numérique

Éric George, École des médias
Avec France Aubin (UQTR), Anouk Bélanger (Département de communication sociale et publique), Aimé-Jules Bizimana (UQO), Nathalie Casemajor (UQO), Oumar Kane (DCSP), Jason Luckerhoff (UQTR), Michel Sénécal (TÉLUQ) et Gaëtan Tremblay (École des médias)

Au CRICIS, le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société, cinq ans de recherche sur la gouvernance des systèmes de communication et sur les industries de la culture ont conduits les chercheures et chercheurs de ce centre de recherche à considérer que les régulations socioéconomiques et sociopolitiques dans ce secteur d’activités intègrent dorénavant une certaine décentralisation des lieux de prises de décision et une augmentation du nombre d’acteurs sociaux impliqués. Ces derniers ont également constaté que le numérique était la source de nouveaux défis en la matière, par exemple lorsqu’il s’agit d’aborder les questions du pluralisme de l’information et de la diversité culturelle. Alors que le programme de recherche du CRICIS était auparavant centré sur les différents types d’acteurs et leurs stratégies, il opte ici pour un nouveau regard en travaillant sur les mutations médiatiques et culturelles à partir de la prise en compte des trois moments du « processus médiatique » qui constituent les trois axes de sa programmation : 1) la création/production, 2) la distribution/circulation et 3) la réception/appropriation des produits médiatiques et culturels.

Découvrez les recherches réalisées par l’équipe du CRICIS.

Médias sociaux et nouveaux modes de gouvernance et de surveillance à l’ère du Big Data

André Mondoux, École des médias
Avec Maude Bonenfant (Département de communication sociale et publique), Marc Ménard (École des médias) et Maxime Ouellet (École des médias)

Grâce à des algorithmes sophistiqués capables de décrypter des affinités cachées entre plusieurs types de données, le Big Data a la prétention de colliger les données personnelles des médias socionumériques afin d’établir des corrélations où les activités humaines seraient modélisées et ainsi rendues prévisibles. L’objectif de cette recherche est d’analyser l’utilisation des médias socionumériques à la lumière des circuits de production, de captation et de traitement de données produites par les utilisatrices et utilisateurs (Big Data). Par cela, l’équipe de recherche entend vérifier si cette dynamique sociotechnique (le couplage médias socionumériques/Big Data) est fondée sur l’automatisation de la production, de la captation, du traitement et de la valorisation des données des utilisateurs (gouvernance algorithmique). L’hypothèse est la suivante : ce couplage sociotechnique pourrait constituer une forme de régulation fondée sur cette automatisation et qui se déploie à même des processus de communication. Autrement dit, les utilisatrices et utilisateurs généreraient des données qui, une fois captées et traitées, serviraient en retour à nourrir des représentations qui leur sont adressées et qu’ils intégreraient dans leurs pratiques quotidiennes.

L’objectif de cette recherche consiste à comprendre comment les informations produites par les médias socionumériques s’inscrivent dans des processus de circulation et de captation de données produites par les individus et à vérifier si elles conduisent à l’émergence de nouvelles formes de régulation articulée autour de la surveillance et de la gouvernance.

La création de la valeur à partir de la rente de monopole symbolique dans les médias sociaux : le cas de Facebook

Maxime Ouellet, École des médias

En quoi la logique de valorisation financière ne repose-t-elle pas seulement sur une dynamique économique, mais également sur les dynamiques culturelle et communicationnelle? Ce projet de recherche vise à contribuer au débat en partant de l’hypothèque que la création de la valeur dans des médias sociaux comme Facebook repose sur la valorisation de sa valeur réputationnelle dans la sphère boursière par la création d’une « rente de monopole symbolique » qui s’acquiert au moyen du contrôle de l’information et de l’image de marque.

La méthodologie de recherche utilisée s’inscrit dans une perspective d’économie politique culturelle qui vise à montrer l’importance des discours dans la construction de l’économie. Au moyen d’une analyse critique des discours produits par Facebook, Maxime Ouellet montre comment l’entreprise réussit à monétiser la valeur grâce à la production d’une culture de la participation, notamment par la promotion de la mobilité grâce aux outils de géolocalisation, et également au moyen de la collecte et de la revente, auprès des annonceurs, des traces informationnelles laissées par les usagers. Il analyse également les états financiers de Facebook depuis son entrée en bourse afin de comprendre les effets des discours médiatiques et publicitaires sur sa valeur boursière.

Les portes tournantes en politique : vers une reconfiguration du lobbying?

Stéphanie Yates, Département de communication sociale et publique

Dans un contexte de méfiance généralisée à l’endroit de la classe politique, alimenté par des épisodes récents où ont été mis au jour des cas de collusion, voire de corruption, le caractère éthique de l’influence exercée en politique soulève bien des questionnements. Cette recherche vise ainsi à lever le voile sur une forme d’influence encore peu étudiée en contexte canadien : les portes tournantes (ou revolving door). Ce phénomène réfère au mouvement professionnel de titulaires de charges publiques, tels les fonctionnaires ou les élus, qui choisissent, à l’issue de leur mandat, d’œuvrer dans un secteur d’activité lié à leur charge publique. Il concerne également les individus qui passent à un mandat public lié à leur ancienne occupation professionnelle dans le secteur privé. Au-delà deseffets estimés des« portes tournantes » quant à l’exercice de l’influence et à la pratique du lobbying dans ses formes classiques, ce projet vise à examiner les motivations – ou ambitions – qui en stimuleraient la pratique, de même que les intentions en matière d’influence et les stratégies déployées en ce sens. Il s’intéresse aussi aux évaluations du phénomène telles qu’elles sont formulées par les différents acteurs associés aux cas étudiés, autant en ce qui concerne la nature des jeux d’influence ainsi mis de l’avant que les questionnements éthiques qu’ils inspirent.

ComSanté. Communication et santé : pratiques, transformations et enjeux sociaux

Lise Renaud, Département de communication sociale et publiqueAvec Consuelo Vasquez, Département de communication sociale et publique

ComSanté poursuit une mission de recherche interdisciplinaire et de mobilisation des connaissances en matière de communication et santé. Depuis plus de 20 ans, les travaux dans ce domaine se sont multipliés amenant le développement d’un champ de recherche et d’intervention appelé « communication et santé » que Lise Renaud et Carmen Rico de Sotelo (2007) définissent comme « l’étude et l’utilisation de stratégies de communications interpersonnelles, organisationnelles et médiatiques visant à informer et à influencer les décisions individuelles et collectives propices à l’amélioration de la santé ». La communication et santé s’exerce dans de multiples contextes et constitue un champ vaste et morcelé, rassemblant des chercheures et chercheurs relevant d’approches épistémologiques et de disciplines variées (santé publique, communication, psychologie, sociologie, études féministes, sciences politiques, etc.). Elle implique plusieurs catégories d’acteurs (population, patients, soignants, gestionnaires, etc.), s’actualise dans différents contextes sociaux et culturels (domiciles, hôpitaux, écoles, milieux de travail) et divers types d’interactions (entre personnes, groupes, organisations, société). Depuis 2013, ComSanté a plus particulièrement étudié les représentations et les normes en matière de santé et les interventions de promotion de la santé, s’appuyant sur le « modèle dynamique interactif » du façonnement des normes de santé comme outil d’intégration conceptuelle. Dans les années à venir, le centre souhaite continuer d’analyser ces questions et de mieux comprendre les transformations liées aux usages des technologies numériques en communication et santé.


Consultez la liste des projets de recherche achevés.

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