Projets de recherche ÉduConflit : l’éducation en situation de conflit

ÉduConflit : l’éducation en situation de conflit

Chirine Chamsine, avec Olivier Arvisais (Département de didactique), Patrick Charland (Département de didactique) Vivek Venkatesh (Concordia) et Mathieu Guidère (Institut national de la santé et de la recherche médicale, France)

EduConflit s’intéresse à l’éducation dans les contextes de conflit et les situations d’urgence. Cela concerne des situations aussi diverses que les enfants qui sont empêchés d’aller à l’école à cause de conflits ou les établissements scolaires impactés directement ou indirectement par les guerres, ou encore les systèmes éducatifs qui sont soumis à la pression des belligérants.

Les recherches menées par les membres du projet visent à vérifier dans quelle mesure les systèmes éducatifs sont résilients ou réactifs par rapport aux conflits et aux situations d’urgence. En d’autres termes, comment l’éducation continue de fonctionner pendant ou après les conflits ? Pour cela, les membres du projet ont mené des études de terrain sur des contextes où se pose la problématique de l’éducation en relation avec les conflits, ainsi que sur l’impact psycho-cognitif de l’exposition à cette problématique.

Le premier volet du projet (2019-2021) a consisté à étudier en détail le curriculum développé et mis en application par l’État islamique (ÉI) en Irak, entre 2014 et 2017, à partir de la confrontation de deux sources principales. D’une part, un ensemble de manuels scolaires produits, diffusés et utilisés par l’ÉI dans les écoles primaires (curriculum officiel) qui étaient sous son contrôle. D’autre part, par l’étude des pratiques effectives à travers une série d’entretiens menés auprès de directeurs d’écoles et d’enseignants irakiens ayant travaillé sous la contrainte de l’ÉI (curriculum implanté). L’objectif était d’étudier les modalités de mise en œuvre de ce type de programme, ainsi que son impact sur le plan cognitif et émotionnel.

Le second volet du projet (2021-2022) a permis d’étudier les marqueurs psycholinguistiques du trauma à travers la parole ordinaire des personnes ayant subi la guerre. Une part importante de cette approche est la sensibilité linguistique et culturelle. Par exemple, certaines expressions ou métaphores culturellement spécifiques peuvent signaler un mal-être ou un traumatisme psychique mais pourraient être mal interprétées sans une contextualisation appropriée.

À lire sur le sujet :

CRSH Développement Savoir, 2019-2022